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Ombre

Des heures, des mois, des années de travail invisible, de grains de sable qui s’écoulent, de silence, de doutes, de gestes répétés dans l’ombre… chiaroscuro… et de lenteur… un mot qui ne se vend pas bien en ces temps… alors oui je suis d’une lenteur abyssale travaillant au rythme effréné d’une tortue… !…

Avant ! En ces époques d’ateliers, ces bottegas de Florence, Venise ou Rome où chacun répétait un geste sans être poussé par l’accélération du temps au service de l’intelligence numérique… juste le geste précis et surtout pas artificiel… les doutes aussi et le rendu du glacis d’une peau presque palpable, vibrante … donnait toute la lumière d’une journée resplendissante… alors comme le saumon qui remonte le courant de la rivière espérant de surcroît échapper aux griffes d’un grizzly très gourmand, le « data poilu » de notre temps moderne dévorant tout sur son passage… j’aspire à dessiner jour après jour pour terminer des centaines d’illustrations… puis d’autres encore mais chaque chose trait par trait, l’une après l’autre, doucement.

Refuser la précipitation du monde.

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Encre…

 

 


… trois petits points de suspension
Lorsque Galatée se réveilla l’abîme insondable de ses pensées recommençait à frapper son crâne.
Les vagues se jetaient sur les parois de sa boîte crânienne en un bruit assourdissant… et au milieu le cerveau flottait, telle une vieille planche de bois pourrie ballottée par les flots. Elle se demandait pourquoi elle ne régissait pas. Il lui semblait encore que tout était finit de toute façon. Ce tempérament à s’abattre était son lot. Elle en avait fait son parti. Elle détestait ça chez elle. Lymphatique. Héritage ancestrale? ou pas?… pourquoi cette paralysie viscérale ? Faire éclater à grands coups de pieds cette nature de mollusque ! Voilà ce qu’il lui fallait. Même son corps s’y mettait. Il disparaissait peu à peu. Les muscles fondaient. Le nerfs s’absentaient. La peau semblait s’endormir et attendre des jours meilleurs qui ne venaient pas. Rebondir. Ultimatum. Fracasser la peur. Tout changer. Il fallait un électrochoc sinon tout allait disparaître dans les profondeurs infinies des océans terrestres.
Valkä, avril 2025, Extrait « En exil sur des terres hostiles. »