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Playing with sketches…

Dans la taverne du port…

Avant de prendre la mer..

Il s’imprègne encore un peu des sons produits par ceux qui jamais ne quittent la terre ferme. Ces sons si familiers, des verres, des tasses, des couverts qui s’entrechoquent et se fondent dans le brouhaha des voix, ces sons qui jamais ne connaîtront cette sensation d’être au dessus du gouffre. Le gouffre des profondeurs. Le marin appuyé au comptoir plonge ses pensées dans le noir du café puis le porte à ses lèvres, doucement, chaque gorgée absorbée le rapproche des flots, le rapproche des grands silences étourdissants de ces étendues d’eau à perte de vue qui jamais ne s’arrêtent. Pas de terre, ni de côtes à l’horizon… que l’immensité liquide, humide, brûlante, salée, glacée… terrifiante. Et pourtant, il faut y retourner. Il pose sa tasse, paye et se lève, saluant silencieusement ceux qui savent et sort. L’air marin du petit matin pique son visage… et maintenant quittons la terre.

Valkä, 6 nov 2021

“Contes des étendues bleues.”

Dessin 2021 © Valka Remorqueur et visiteurs...
Dessin 2021 © Valka “Remorqueur et visiteurs…”
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Concertation

Concertation sur les quais.  Les mats des navires, amarrés, se balancent au gré du vent venu du large dans un cliquetis régulier, répétitif. Les hommes regardent et attendent.  Les drapés de leurs coiffes volent par saccades autour de leur visage. Ils parlent maintenant. Un peu. Les cris des goélands viennent parfois couvrir leurs voix. Les gréements grincent encore comme cherchant à quitter le port.

 

Fresque sur panneau de bois.

 

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Lunaire

 

Dans la plénitude de son être plus rien ne semblait la relier à la société.
Elle était assise devant le lac.
Sur la berge soudain une lumière blanche, diffuse, recouvrit le matin frais.
Les vapeurs des brumes fondirent  sur les arbres.
La lune de la nuit, ronde, ne partit pas avec le jour.
Ce fut le premier matin lunaire.
Ils l’attendaient, elle le savait…ils voulaient son âme, elle le savait aussi.
Une espèce de lassitude l’envahissait.
Combattre.
Retrouver l’état guerrier.
Ne pas s’endormir.
Vivre.
Novembre 2019

 

FemmeFaucon © Valkä. Encre et huile. Toile suspendue 210 x 110 cm.